Vous connaissez le washi, ce papier japonais chéri des amateurs de loisirs créatifs ? Il va falloir apprendre un nouveau mot : le hanji. Ce papier traditionnel coréen, fabriqué à la main à partir d’écorce de mûrier, vient de faire une entrée très remarquée dans le monde de la décoration. Présenté au salon Maison&Objet à Paris, il a séduit les acheteurs du monde entier, et la Corée publie cette semaine un bilan qui donne le tournis. De quoi inspirer nos intérieurs, et peut-être nos prochains projets créatifs.
Les points :
Un papier millénaire qui sort du cadre #
Le hanji n’est pas un petit nouveau : les Coréens l’utilisent depuis des siècles pour l’écriture, la calligraphie et la conservation de documents précieux. Sa particularité, c’est une résistance étonnante pour un papier, doublée d’une manière unique de filtrer la lumière. Et c’est exactement ce qui intéresse aujourd’hui les créateurs : plutôt que de rester dans les carnets, le hanji s’invite dans le mobilier, les luminaires et les objets du quotidien.
À Paris, l’exposition « HANJI HOUSE » orchestrée par la Korea Craft & Design Foundation, un organisme public coréen dédié à l’artisanat et au design, réunissait sept entreprises spécialisées et le studio de design SWNA lors du salon Maison&Objet, qui s’est tenu du 10 au 14 septembre, rapporte Presse Agence. Au programme : paravents, papeterie fine, objets parfumés, œuvres sérigraphiées et une série de luminaires qui marient le papier à la pierre et au métal.
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Pourquoi les décorateurs s’arrachent cette matière #
Le bilan publié par la fondation parle de lui-même : plus de 200 rendez-vous d’affaires avec des acheteurs internationaux, soit une hausse de plus de 60 % par rapport à la précédente participation coréenne, précise le communiqué officiel. Des maisons de luxe se sont montrées intéressées, des demandes de luminaires sur mesure ont été déposées, et même les ateliers de restauration d’art lorgnent sur ses papiers techniques.
Ce succès ne doit rien au hasard. Dans nos intérieurs saturés de plastique et d’écrans, le hanji coche toutes les cases du moment : une matière naturelle, travaillée à la main, qui diffuse une lumière douce et chaleureuse. Une cloison amovible en hanji, comme celle dévoilée par le studio SWNA, structure une pièce sans l’alourdir ; une lampe à poser habillée de ce papier transforme une ampoule crue en halo d’ambiance.
Bientôt au patrimoine de l’humanité ?
Cerise sur le gâteau : les savoir-faire liés au hanji sont candidats à une inscription sur la Liste du patrimoine culturel immatériel de l’UNESCO, dont l’examen est attendu d’ici la fin de l’année 2026. Une reconnaissance qui viendrait couronner cette offensive de charme, lancée l’année des 140 ans des relations diplomatiques entre la Corée et la France. « Les savoir-faire ancestraux du hanji peuvent s’intégrer harmonieusement dans le mobilier », résume Kim Kyung-bae, le président de la fondation.
Et chez nous, on en fait quoi ? #
En attendant que les créations coréennes arrivent dans les boutiques de déco françaises, rien n’empêche de s’approprier l’esprit hanji dès maintenant. L’idée maîtresse, c’est la lumière tamisée par le papier : on peut la retrouver en customisant un abat-jour uni avec des papiers artisanaux à fibres apparentes, que l’on trouve chez les fournisseurs de beaux-arts, ou en réalisant un photophore en papier épais autour d’une bougie LED.
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Côté murs, le hanji inspire aussi une autre approche du paravent et de la tête de lit : des panneaux légers, clairs, aux teintes naturelles, écru, ivoire, beige rosé, qui réchauffent sans surcharger. C’est toute la leçon de ce papier venu de Séoul : en décoration comme en création, la matière la plus modeste, travaillée avec soin, peut devenir la plus précieuse. Une philosophie qui nous parle, forcément.




